Massacres, routes contrôlées, population terrorisée : le dernier rapport du BINUH met en évidence l’incompétence de Vladimir Paraison à la tête de la PNH
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Le dernier rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), publié le 8 mai 2026, dresse un constat alarmant de la situation sécuritaire du pays. Les chiffres sont accablants : 1 642 personnes tuées et 745 blessées en seulement trois mois. Derrière ces statistiques se cachent des familles détruites, des quartiers désertés et une population abandonnée à la violence des groupes armés.
Au centre des critiques figure désormais le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, dont le leadership est de plus en plus contesté face à l’aggravation rapide de l’insécurité.
Pendant que les gangs étendent leur contrôle sur plusieurs zones stratégiques du pays, de nombreux citoyens dénoncent une police dépassée, incapable d’anticiper les attaques, de sécuriser durablement les routes nationales ou de reprendre les territoires occupés par les groupes armés.

L’expansion de la violence ne se limite plus à Port-au-Prince. L’Artibonite, le Centre et plusieurs villes de province sombrent à leur tour dans la terreur. Des localités sont incendiées, des familles fuient leurs maisons et des axes routiers entiers tombent sous le contrôle des bandits armés, souvent sans véritable réponse des forces de l’ordre.
Dans plusieurs régions, des habitants accusent la PNH de manquer de stratégie, de coordination et de présence sur le terrain. Chaque nouvelle attaque renforce davantage le sentiment d’abandon au sein de la population, qui voit les massacres se multiplier malgré les promesses répétées des autorités policières.
Pour de nombreux observateurs, le rapport du BINUH agit comme une condamnation sévère de l’échec sécuritaire sous la direction de Vladimir Paraison. Alors que la population espérait un redressement de la situation, les gangs semblent au contraire gagner du terrain et imposer leur loi dans des zones toujours plus vastes.
À mesure que la violence progresse, la crédibilité de la direction actuelle de la PNH s’effrite. Dans les rues comme sur les réseaux sociaux, les critiques deviennent plus virulentes contre Vladimir Paraison, accusé par une partie de l’opinion publique de ne pas parvenir à contenir l’effondrement sécuritaire du pays.
Le rapport du BINUH renvoie aujourd’hui l’image d’un État fragilisé, d’une police sous pression et d’une population épuisée, vivant désormais entre peur, déplacement forcé et incertitude permanente.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
