ONI : jusqu’à 5 000 gourdes réclamées pour récupérer une carte, le silence et la gestion de Reynold Guerrier pointés du doigt
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Récupérer une carte d’identification nationale reste une épreuve pour de nombreux citoyens haïtiens. Certains affirment attendre depuis plusieurs mois, multiplier les déplacements et perdre des journées entières sans parvenir à obtenir leur document.
À ces difficultés s’ajoutent des dénonciations plus graves. Dans plusieurs communes, des citoyens affirment que des intermédiaires réclameraient entre 2 500 et 5 000 gourdes pour faciliter la récupération de cartes déjà produites. Ceux qui refusent de payer disent devoir revenir plusieurs fois, avec les dépenses de transport que cela entraîne.
Le 21 avril 2026, l’Office national d’identification (ONI) a annoncé avoir distribué 142 cartes d’identification nationale à Tabarre dans le cadre de la campagne « KatOuLa ». Selon l’institution, 70 femmes et 72 hommes ont reçu leur carte au cours de cette journée.
Ce chiffre pose cependant problème au regard du nombre de citoyens toujours en attente de leur document. La distribution de 142 cartes peut difficilement répondre à l’ampleur des besoins alors que les plaintes concernant les retards persistent.

Sur le terrain, les mêmes difficultés reviennent dans les témoignages : longues attentes, déplacements répétés, manque d’informations et dépenses supplémentaires. Pour certains citoyens, obtenir une carte déjà produite finit par coûter beaucoup plus cher que prévu.
Les accusations concernant des paiements de 2 500 à 5 000 gourdes méritent également des explications de la direction de l’ONI. Si des intermédiaires réclament effectivement de l’argent aux citoyens pour leur permettre d’accéder à leur propre carte, l’institution doit identifier les responsables et mettre fin à cette pratique.
Le directeur général de l’ONI, Reynold Guerrier, se retrouve ainsi directement interpellé par les plaintes. Les citoyens attendent de savoir quelles dispositions sont prises pour accélérer la remise des cartes, réduire les déplacements inutiles et vérifier les dénonciations de paiements illégaux.
La carte d’identification nationale est un document auquel chaque citoyen concerné doit pouvoir accéder sans racket, sans faveur et sans parcours interminable. L’ONI doit maintenant apporter des réponses concrètes aux plaintes qui s’accumulent.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
