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Port-au-Prince, 19 juin 2026 — L’ancien président provisoire haïtien, Jocelerme Privert, a récemment présenté une nouvelle vision politique baptisée « Ayiti Transfòme », un projet qu’il affirme vouloir construire autour de la démocratie, du développement économique, de la production nationale et du respect des droits humains

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Dans ses déclarations, l’ancien chef de l’État soutient que le redressement du pays passe par une augmentation de la production nationale, la création de richesses, l’encouragement des investissements et la lutte contre la corruption. Il appelle également les Haïtiens à dépasser les divisions politiques qui, selon lui, paralysent le pays depuis plusieurs décennies.

Mais cette prise de parole suscite déjà de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique.

Pour plusieurs observateurs, le retour au premier plan d’une figure politique issue de l’ancien establishment soulève inévitablement des questions sur le bilan des dirigeants qui ont exercé le pouvoir au cours des vingt dernières années. Certains rappellent que la classe politique traditionnelle, dont Jocelerme Privert a longtemps fait partie, est régulièrement accusée d’avoir contribué à l’affaiblissement progressif des institutions de l’État.

Les critiques soulignent également que le nom de l’ancien président provisoire a été cité dans plusieurs dossiers ayant marqué la vie politique nationale. Son nom apparaît notamment dans les rapports d’audit liés à la gestion des fonds PetroCaribe, où plusieurs anciens hauts responsables de l’État ont été mentionnés dans le cadre des investigations menées sur l’utilisation de ces ressources publiques.

Portrait de Jocelerme Privert, ancien président provisoire d’Haïti (2016-2017), qui tente un retour sur la scène politique à travers son mouvement « Ayiti Transfòme », suscitant de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.

Par ailleurs, en janvier 2024, le juge d’instruction Al Duniel Dimanche avait émis un mandat d’amener visant plusieurs anciens hauts dignitaires de l’État, dont Jocelerme Privert, dans le cadre d’une enquête portant sur des accusations de corruption liées au Centre National d’Équipement (CNE). Ces décisions ont toutefois fait l’objet de contestations judiciaires et certains mandats ont par la suite été annulés lors de la reprise du dossier par un autre magistrat instructeur.

Pour ses détracteurs, ces controverses rendent difficile la promotion d’un discours centré sur la lutte contre la corruption sans répondre au préalable aux interrogations qui continuent d’entourer plusieurs dossiers ayant marqué son parcours politique.

D’autres observateurs rappellent également que Jocelerme Privert a dirigé la transition politique entre février 2016 et février 2017, une période qui devait permettre le retour à la stabilité institutionnelle après une grave crise électorale. Si certains saluent son rôle dans l’organisation de la transition, d’autres estiment que cette période n’a pas permis de résoudre les problèmes structurels qui continuent aujourd’hui de fragiliser l’État haïtien.

Alors qu’Haïti traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire contemporaine, marquée par l’insécurité, l’effondrement des services publics, les déplacements massifs de population et la méfiance envers la classe politique, la réapparition d’anciennes figures du pouvoir continue de diviser.

Pour une partie de la population, le pays a besoin d’idées nouvelles et d’une nouvelle génération de dirigeants.

Une chose demeure certaine : le projet « Ayiti Transfòme » devra convaincre au-delà des discours. Dans un pays marqué par des décennies de promesses non tenues, les citoyens attendent désormais des résultats concrets, de la transparence et des réponses crédibles aux nombreux défis auxquels la nation est confrontée.

Encore un regroupement politique, encore des leaders, toujours pas de leadership : Jocelerme Privert relance ses ambitions avec « Ayiti Transfòme »

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