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ONA : sous la direction de Lovely François, 14 millions de gourdes destinés à la Fête des Mères auraient été détournés au profit de gangs armés et de certains militants afin de neutraliser les contestations du 7 juin, dénonce le RHAJAC

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Le Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC) monte au créneau contre la gestion de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) et demande l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante sur les activités de sa directrice générale, Lovely François, installée à la tête de l’institution le 24 mars 2026.

Dans une note de dénonciation rendue publique ce jeudi, l’organisation affirme avoir été alertée par plusieurs sources faisant état de graves allégations de gaspillage de fonds publics, de favoritisme et d’utilisation présumée des ressources de l’ONA à des fins politiques.

Selon les informations recueillies par le RHAJAC, un décaissement de près de 14 millions de gourdes aurait été effectué dans le cadre d’une activité organisée à l’occasion de la Fête des Mères à la fin du mois de mai 2026. Toutefois, plusieurs sources soutiennent que ces fonds n’auraient pas été utilisés conformément à leur destination initiale.

L’organisation rapporte notamment des allégations selon lesquelles une partie de cet argent aurait servi à acheter le silence de militants politiques et à financer des démarches visant à éviter des mouvements de protestation le 7 juin 2026, date à laquelle plusieurs organisations et partis politiques réclamaient le respect du délai constitutionnel de 120 jours évoqué par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé concernant la transition politique et l’organisation d’élections.

Portrait de Lovely François, à la tête de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA) depuis le 24 mars 2026.

Le RHAJAC souligne que ce délai, présenté comme une référence à l’article 149 de la Constitution amendée de 1987, n’a pas été respecté. Dans ce contexte de tensions politiques croissantes, l’organisation estime que toute utilisation des fonds publics à des fins partisanes ou de contrôle politique devrait faire l’objet d’investigations approfondies.

Selon la note, Madame Lovely François et certains de ses proches collaborateurs seraient cités dans plusieurs dénonciations transmises à différentes institutions de contrôle. Le RHAJAC affirme également prendre acte des plaintes déjà déposées par diverses organisations de la société civile ainsi que par des employés de l’ONA.

« Les ressources de l’ONA ne constituent ni une caisse politique ni un patrimoine privé. Ces fonds proviennent des cotisations des travailleurs haïtiens et doivent être administrés dans le strict respect des principes de transparence, de responsabilité et de reddition de comptes », rappelle l’organisation.

Face à la gravité des accusations, le RHAJAC demande :

1- Un audit indépendant de l’ensemble des contrats, marchés publics et décaissements effectués depuis l’arrivée de Lovely François à la direction générale de l’ONA ;

2- L’intervention immédiate de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) ainsi que des autres institutions compétentes ;

3- La mise en place de mesures conservatoires visant à préserver les documents administratifs et financiers susceptibles d’être utiles à d’éventuelles enquêtes.

Le RHAJAC s’interroge également sur le silence observé jusqu’à présent par les autorités de contrôle face à ces allégations. Pour l’organisation, l’absence de réaction officielle risque d’alimenter davantage la méfiance de la population envers les institutions publiques.

« Aucune institution de la République ne doit échapper au contrôle citoyen lorsqu’il existe des soupçons sérieux de mauvaise gestion des fonds appartenant au peuple haïtien », conclut la note.

L’organisation réaffirme son engagement dans la lutte contre la corruption, l’impunité et le détournement des ressources publiques, tout en appelant les autorités compétentes à faire toute la lumière sur ce dossier.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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