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Haïti : Vladimir Paraison, le nouveau directeur de la PNH, montre déjà son manque de volonté de rétablir la sécurité

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Plus d’une semaine après son installation à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison peine à donner un signal fort pour contrer les terroristes armés. Un Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) a bien été réuni en urgence, mais sans effet sur le terrain. Pendant ce temps, les assaillants poursuivent leur œuvre macabre, étendant leur emprise jusque dans les hauteurs de Kenscoff, sous le regard impuissant des autorités.

Le 13 août 2025, deux agents de la Brigade d’opérations et d’interventions départementales (BOID), issus des 33ᵉ et 25ᵉ promotions, ont été tués à Kenscoff. Les terroristes ont confisqué quatre armes de gros calibre, deux pistolets 9 mm, plusieurs gilets pare-balles et au moins huit chargeurs, tandis que d’autres policiers grièvement blessés ont dû être évacués d’urgence. Cette attaque sanglante illustre la vulnérabilité persistante des forces de l’ordre, envoyées au front sans stratégie ni renforts suffisants.

La liste des victimes ne cesse de s’allonger : l’assassinat de Joseph Harry Brétous, et plus grave encore, la bavure du 19 août où deux agents du SWAT ont péri après une frappe de drone mal dirigée de la task force gouvernementale, et six autres sont blessés, dont deux dans un état critique. Ces drames révèlent une improvisation dramatique, un manque criant de coordination et une gestion politisée des moyens de défense.

Pendant que les dirigeants parlent d’un prétendu « budget de guerre », les fonds publics sont détournés et les policiers ne sont ni payés ni équipés correctement. Présenté comme un sauveur, Paraison s’enlise déjà dans l’inaction, laissant prospérer les terroristes du groupe « Viv Ansanm », qui menacent désormais de couper le réseau TELECO. Sa nomination montre également son enracinement dans l’équipe PHTK, un parti dont plusieurs responsables ont été sanctionnés par la communauté internationale pour financement du terrorisme en Haïti et dilapidation des fonds Petrocaribe. Sans actions concrètes et rapides, le nom de Paraison risque de rejoindre la longue liste de déceptions qui ont marqué l’histoire récente de la PNH.

Gerlanda F

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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