Haïti : révocation du chef du Parquet de Port-au-Prince, Frantz Monclair, pour la libération injuste du présumé criminel Nenel Cassy
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Un véritable séisme institutionnel a secoué la justice haïtienne, mardi 19 août 2025, lorsque Me Frantz Monclair a délibérément ordonné la libération de l’ex-sénateur Nenel Cassy. Déjà connu pour plusieurs décisions controversées, Monclair a été brutalement écarté de son poste de commissaire du gouvernement près du Tribunal de première instance de Port-au-Prince.

Dans une correspondance officielle datée du même jour, le ministère de la Justice a qualifié ce geste de « faute administrative grave » et l’a immédiatement placé en disponibilité sans solde. Dans la foulée, Me Guy Alexis, ancien commissaire du gouvernement de la Croix-des-Bouquets, a été transféré dans la capitale pour assurer son remplacement. « Dès réception de la présente, vous êtes mis en disponibilité sans solde », tranche sèchement le ministre Patrick Pélissier dans une lettre au ton glacial adressée à Monclair.
Mais si le ministre estime qu’il s’agissait d’une faute d’une telle gravité, pourquoi n’a-t-il pas exigé en parallèle l’arrestation du commissaire Monclair et la réincarcération de Nenel Cassy ? Pourquoi cette brutalité administrative d’un côté et cette étrange clémence de l’autre ? Pour de nombreux observateurs, cette affaire ressemble moins à une sanction exemplaire qu’à une vaste mascarade judiciaire, où la justice haïtienne sert de paravent aux luttes politiques plutôt que de rempart à l’État de droit.
Gerlanda F.
Djovany Michel est PDG et rédacteur en chef de Satellite509, un média d’investigation indépendant. Journaliste d’enquête, il est spécialisé dans la dénonciation de la corruption, la mauvaise gouvernance, les abus de pouvoir et les violations de l’intérêt public. Ses travaux portent sur des enjeux nationaux et internationaux, avec une approche rigoureuse, critique et documentée.
