Coupe du monde sous tension : jusqu’à 15 000 $ exigés aux supporters de cinq pays pour entrer aux États-Unis
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Washington, mardi 5 mai 2026 — À quelques semaines de la Coupe du monde, une mesure migratoire américaine suscite l’inquiétude parmi les supporters de plusieurs nations qualifiées. Certains fans devront déposer une caution pouvant atteindre 15 000 dollars pour obtenir un visa touristique et assister aux matchs prévus sur le sol américain.
Cette exigence s’inscrit dans le cadre du « Visa Bond Pilot Program », un dispositif mis en place sous l’administration de Donald Trump. Le programme concerne une cinquantaine de pays dont les ressortissants, demandant des visas de type B-1 (affaires) ou B-2 (tourisme), peuvent être soumis à une caution financière destinée à garantir leur retour dans leur pays d’origine après leur séjour.

Parmi ces pays, cinq ont obtenu leur qualification pour la Coupe du monde. Il s’agit notamment de l’Algérie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Cap-Vert et, plus récemment, de la Tunisie, ajoutée à la liste la semaine dernière. Pour les supporters issus de ces nations, la mesure représente un obstacle financier majeur, susceptible de limiter fortement leur présence dans les stades.
En coulisses, la FIFA aurait engagé des discussions avec les autorités américaines afin d’obtenir des aménagements, notamment pour les joueurs, les délégations officielles et certains membres du personnel technique. Toutefois, à ce stade, aucune disposition spécifique ne prévoit d’exemption pour les athlètes ou les événements sportifs d’envergure internationale.

Cette situation met en lumière les tensions entre les exigences sécuritaires et migratoires des États-Unis et l’ambition d’organiser un événement mondial ouvert et accessible. Elle soulève également des interrogations quant à l’impact de ces restrictions sur l’ambiance et la diversité du public attendu lors de la compétition.
Pour de nombreux supporters, le rêve de vivre la Coupe du monde sur place pourrait ainsi se heurter à une réalité administrative et financière particulièrement dissuasive.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
