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Bracelets GPS et expulsions : 54 000 migrants surveillés aux États-Unis, les Haïtiens davantage exposés après la fin du TPS

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La fin du Statut de protection temporaire accordé à Haïti plonge des centaines de milliers d’Haïtiens dans l’incertitude. Beaucoup vivent et travaillent aux États-Unis depuis plusieurs années. Ils y ont construit leur famille, élevé leurs enfants et participé à la vie économique. Désormais, certains risquent de perdre leur emploi, d’être arrêtés ou expulsés vers un pays ravagé par la violence.

Cette situation devient plus préoccupante alors que l’Immigration and Customs Enforcement renforce la surveillance électronique des migrants. ICE suit actuellement près de 54 000 personnes au moyen de bracelets GPS, contre environ 17 000 au début de 2025, selon des données de The GEO Group rapportées par The Guardian.

Près de 184 000 migrants participent au programme fédéral Intensive Supervision Appearance Program. Plus de 127 000 d’entre eux utilisent SmartLink, une application qui combine reconnaissance faciale et localisation. Les autorités remplacent toutefois de plus en plus ces contrôles téléphoniques par des bracelets permettant de suivre les déplacements en permanence.

Un migrant porte un bracelet électronique GPS utilisé par ICE pour surveiller ses déplacements aux États-Unis. Près de 54 000 migrants sont désormais soumis à ce dispositif

Cette politique représente aussi une activité lucrative. BI Inc., l’entreprise qui gère le programme pour ICE, appartient à GEO Group, un important opérateur privé du secteur carcéral. Le bracelet coûte environ 2,15 dollars par personne et par jour, contre 0,96 dollar pour SmartLink. Plus la surveillance devient stricte, plus le contrat rapporte à l’entreprise.

Pour les Haïtiens privés du TPS depuis le 27 juillet 2026, la peur s’installe dans la vie quotidienne. Certains hésitent à se rendre au travail, à conduire leurs enfants à l’école, à consulter un médecin ou à signaler un crime. La perte du permis de travail peut entraîner un licenciement, des difficultés à payer le logement et une dépendance financière.

Tous les anciens bénéficiaires du TPS ne recevront pas automatiquement un bracelet. La décision dépend de la situation migratoire et de la procédure engagée dans chaque dossier. Mais ceux qui ne disposent d’aucune autre protection légale deviennent plus vulnérables aux arrestations et aux expulsions.

Des organisations de défense des immigrants contestent déjà cette surveillance devant la justice. Elles dénoncent l’utilisation de bracelets GPS sans évaluation individuelle suffisante et sans véritable possibilité de recours.

Pour de nombreuses familles haïtiennes, la fin du TPS ne représente donc pas un simple changement administratif. Elle menace leur emploi, leur stabilité et leur unité familiale. Après avoir vécu légalement aux États-Unis, des milliers de personnes doivent maintenant avancer avec la crainte permanente d’être surveillées, arrêtées ou renvoyées vers Haïti.

Djovany Michel

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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