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Mentor de la corruption, Sunrise Airways verse 6 millions de gourdes à la mairie du Cap-Haïtien pour dorer son image

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Sunrise Airways a versé 6 millions de gourdes à la mairie du Cap-Haïtien. Le chèque no 443, tiré sur la Sogebank et émis à Port-au-Prince le 10 août 2026, est libellé au nom de la municipalité. Une contribution qui intervient alors que la compagnie fait l’objet de critiques persistantes sur ses tarifs, la qualité de ses services et le traitement réservé à certains passagers. Pour plusieurs internautes, ce versement ressemble davantage à une opération destinée à redorer son image qu’à un simple geste social.

La position de Sunrise Airways est d’autant plus critiquée que l’insécurité a considérablement réduit les déplacements terrestres et limité l’arrivée d’autres compagnies sur le marché haïtien. Cette situation lui offre un avantage considérable dans un secteur où les voyageurs disposent de peu d’alternatives. Les tarifs élevés et les plaintes répétées sur les services alimentent ainsi le sentiment d’une compagnie qui profite d’un marché fortement contraint.

Le chèque de 6 millions de gourdes de la Sunrise Airways versé à la mairie du Cap-Haïtien

À cela s’ajoutent des accusations concernant l’influence présumée de son PDG, Philippe Bayard, dans certaines nominations au sein de l’AAN et de l’OFNAC. Ces allégations, qui méritent d’être établies ou démenties sur la base de faits vérifiables, soulèvent des questions sur l’indépendance des institutions chargées de réguler le secteur aérien. Elles prennent une résonance particulière dans un contexte où les frontières entre intérêts privés, influence et pouvoir public suscitent déjà de fortes inquiétudes.

Le versement à la mairie du Cap-Haïtien ne suffira donc pas à effacer les critiques. Si Sunrise Airways veut réellement restaurer sa crédibilité, elle devra surtout répondre aux préoccupations des passagers sur les prix, la qualité du service et la transparence de ses pratiques. Dans un marché où la concurrence est fortement réduite, l’enjeu n’est pas seulement l’image d’une compagnie, mais la responsabilité qu’elle assume envers des voyageurs qui disposent de très peu d’alternatives.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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