Élections de 2026 : DELIVRANS et SOL AYITI réclament une transition neutre et alertent contre un scrutin sous influence
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Les groupements politiques DELIVRANS et SOL AYITI contestent les conditions dans lesquelles les prochaines élections se préparent en Haïti. Dans une lettre ouverte adressée, ce 13 août 2026, au président du Conseil électoral provisoire, Jacques Desrosiers, ils réclament une gouvernance de transition neutre, inclusive et consensuelle avant la tenue du scrutin.
Les deux structures disent craindre une possible collusion entre le pouvoir exécutif, qui contrôle les ressources administratives, financières, logistiques et sécuritaires de l’État, et des acteurs politiques engagés dans la compétition électorale.
Selon DELIVRANS et SOL AYITI, un gouvernement impliqué dans les élections ne peut pas agir simultanément comme juge et partie. Ils exigent également du CEP une indépendance réelle et une stricte équidistance envers tous les candidats.
Les deux groupements alertent aussi sur l’insécurité. Plusieurs routes restent impraticables et des zones entières de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre demeurent sous la menace de groupes armés. Cette situation limite la circulation des électeurs, des candidats et des observateurs.




Lettre ouverte adressée, le 13 août 2026, au président du CEP, Jacques Desrosiers, par DELIVRANS et SOL AYITI. Les deux groupements réclament une transition neutre, la révision du calendrier électoral et un accès équitable au vote.
Dans ces conditions, préviennent-ils, seuls les candidats proches des groupes armés ou disposant de moyens importants pourraient mener campagne et accéder à certaines zones. Une telle situation porterait directement atteinte à l’égalité électorale.
DELIVRANS et SOL AYITI demandent donc au CEP de réévaluer le calendrier électoral en fonction de critères précis : la sécurité, l’inscription des électeurs, l’accessibilité des centres de vote, la disponibilité du matériel, la formation du personnel et les mécanismes de contestation.
Ils dénoncent également un système d’inscription susceptible d’exclure les citoyens vivant dans des zones enclavées ou contrôlées par des groupes armés. Ils proposent de rapprocher et de décentraliser les centres d’inscription afin de garantir l’accès au vote.
Les deux organisations rejettent toute modification de la Constitution en dehors des procédures établies. Elles s’opposent aussi à l’exclusion d’un candidat sur la seule base d’une convocation policière, sans condamnation judiciaire ni preuve de culpabilité.
DELIVRANS et SOL AYITI demandent enfin une concertation avec les forces politiques qui ne participent pas au gouvernement. Elles réclament la neutralité de l’administration publique et l’interdiction d’utiliser les ressources de l’État au profit d’un parti ou d’un candidat.
La lettre porte les signatures de Pierre Franky Exius, président de DELIVRANS, et de Murat Charlot, coordonnateur national de SOL AYITI. Les deux responsables affirment ne pas vouloir retarder les élections. Ils disent chercher à éviter un scrutin précipité, contesté et susceptible d’aggraver la crise politique et sécuritaire du pays.
Djovany Michel
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
