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Gressier à genoux : le maire Vilima Alphonse fuit, le commissariat réparé en mai part en fumée en août

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À Gressier, la réalité a une fois de plus démenti le discours officiel. Le commissariat de police, dont les réparations avaient été achevées le 10 mai 2026, a été incendié dans la soirée du mercredi 12 août 2026. Une nouvelle attaque qui plonge davantage les habitants dans la peur et démontre, une fois de plus, la fragilité de l’autorité de l’État.

C’est le maire Vilima Alphonse, nommé par un décret du 7 février 2026, qui a rapporté les faits. Selon les informations disponibles, les violences ont également touché les habitants de la commune, victimes d’affrontements et de destructions. Dans ce chaos, des responsables locaux ont dû fuir pour sauver leur vie. À Gressier, même les représentants de l’État ne se sentent pas en sécurité.

Cette situation est d’autant plus révoltante que le commissariat n’en est pas à sa première humiliation. Dans la nuit du vendredi 10 au samedi 11 mai 2024, il avait subi une attaque majeure de la part de groupes armés. Puis, le 30 juin 2024, les gangs en avaient pris le contrôle total. Après les travaux de réparation achevés le 10 mai 2026, l’espoir d’un retour de la police dans la commune semblait renaître. Mais trois mois plus tard, le bâtiment a de nouveau été attaqué et incendié.

Pour les habitants de Gressier, ce n’est pas seulement un bâtiment qui brûle ; c’est une part de leur sécurité qui disparaît une fois de plus. C’est aussi la preuve que reconstruire une infrastructure sans pouvoir la protéger ne suffit pas. On peut rebâtir un commissariat avec du ciment et des fonds publics, mais si les gangs peuvent revenir l’incendier quelques semaines ou quelques mois plus tard, à quoi sert cette reconstruction ?

Alix Didier Fils-Aimé, les élections ne peuvent occulter cette réalité ?
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé continue de défendre la perspective d’élections, avec un premier tour annoncé pour le 13 décembre 2026. Mais le drame de Gressier pose une question bien plus grave au gouvernement : comment parler d’élections dans un pays où l’État ne parvient même pas à garder le contrôle de ses propres commissariats ?

Le problème n’est pas seulement électoral ; il est profondément humain. Derrière les chiffres, les communiqués et les annonces officielles, il y a des familles qui ont peur, des citoyens qui abandonnent leur foyer et des élus locaux contraints parfois de fuir pour échapper aux balles et aux groupes armés.

Monsieur le Premier ministre, une date d’élection ne suffit pas à restaurer la confiance d’un peuple. Avant de demander aux Haïtiens de prendre le chemin des bureaux de vote, il faudrait peut-être commencer par leur permettre de se rendre librement chez eux, au travail, à l’école ou au commissariat de leur propre ville.

Le 12 août 2026, Gressier a une fois de plus illustré le fossé qui sépare les annonces faites à Port-au-Prince de la réalité vécue par la population. Alors que le pouvoir évoque la date du 13 décembre 2026, des territoires continuent de basculer aux mains de groupes armés.

C’est là que la colère devient légitime : combien de commissariats faudra-t-il reconstruire, combien de maires devront encore fuir, combien de familles devront encore abandonner leur foyer avant que l’État haïtien ne comprenne que la priorité n’est pas seulement d’annoncer des élections, mais de reprendre réellement le contrôle du territoire ?

Par Sanin Marc-Antoine

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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