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2,5 milliards annoncés pour l’aide scolaire : où en sont les décaissements du MENFP et du FAES ?

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Le 18 août dernier, à l’approche de la rentrée scolaire fixée au 7 septembre, le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES) annonçaient la mise en place du programme « Cash Transfert-Éducation ». L’opération devait mobiliser une enveloppe de 2,5 milliards de gourdes pour venir en aide à 140 000 parents d’élèves, à raison de 15 000 gourdes par bénéficiaire. Les transferts devaient être effectués par voie électronique, sur la base de listes générées à partir du SIGE du MENFP.

Mais plus d’un mois après cette annonce, la question de l’exécution du programme reste entière. Combien de parents ont effectivement reçu les 15 000 gourdes ? Quel montant a réellement été transféré ? Combien reste-t-il à décaisser ? Dans les informations publiques consultées, aucun bilan chiffré permettant de répondre clairement à ces questions n’apparaît. L’annonce d’une enveloppe de 2,5 milliards de gourdes ne peut pourtant tenir lieu de bilan d’exécution.

Le flou est d’autant plus problématique que les autorités avaient annoncé un calendrier précis. Le ministre Vijonet Déméro et le directeur général du FAES, Kesner Romilus, avaient indiqué que les opérations devaient débuter au plus tard le 5 septembre, soit avant la rentrée du 7 septembre. Le ministère avait également présenté le recours au SIGE comme un moyen d’assurer la traçabilité de la sélection des bénéficiaires. Il était donc légitime d’attendre, après le lancement annoncé du programme, des données permettant de vérifier combien de personnes ont effectivement été servies.

L’affiche du MENFP concernant les 2.5 milliards de gourdes pour la subvention de la rentrée scolaire 2026-2027, destinés à 140 000 parents démunis

Sur le terrain, l’absence de communication détaillée nourrit forcément les interrogations. Des parents bénéficiaires peuvent-ils confirmer avoir reçu l’aide ? Combien sont-ils ? Dans quelles régions les paiements ont-ils été effectués ? Le silence autour de ces éléments ne permet pas de conclure que l’argent n’a pas été distribué, mais il empêche surtout le public de mesurer l’état réel du programme. Une dépense publique de cette ampleur appelle pourtant des informations précises sur les bénéficiaires et les montants effectivement déboursés.

Une autre question mérite également d’être clarifiée : l’écart entre les 2,5 milliards de gourdes annoncés pour l’opération et les 2,1 milliards correspondant mathématiquement aux 140 000 allocations de 15 000 gourdes. Des informations publiées après l’annonce ont relevé cette différence de 400 millions de gourdes, sans qu’une ventilation détaillée de cette enveloppe globale soit clairement présentée dans les éléments disponibles. Il appartient donc au MENFP et au FAES d’expliquer publiquement la destination de ces fonds et l’état d’exécution du programme.

Dans un contexte où les familles font face à l’insécurité, aux déplacements forcés et à une forte pression économique, une telle assistance ne devrait pas seulement être annoncée : elle doit pouvoir être vérifiée. Un bilan du MENFP et du FAES permettrait de savoir combien de parents ont reçu leur allocation, combien de gourdes ont effectivement été décaissées et ce qu’il advient du solde éventuel. Plus d’un mois après l’annonce, ce sont précisément ces réponses que les autorités doivent désormais apporter.

Léandro S LÉONARD

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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