CEP : l’enregistrement des adhérents et sympathisants prend fin ce dimanche, la crédibilité du processus reste en jeu
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Le Conseil électoral provisoire (CEP) a rappelé, dans une note de presse datée du 7 novembre 2026 à Pétion-Ville, que la période d’enregistrement des adhérents et sympathisants des partis politiques, des groupements de partis et des candidats indépendants s’achèvera le dimanche 8 novembre 2026, à minuit. L’institution affirme se conformer au calendrier électoral actualisé.
Les administrateurs de système sont invités à prendre toutes les dispositions pour finaliser les opérations dans le délai imparti, dans le strict respect des exigences du Décret électoral. Le CEP réaffirme par ailleurs sa volonté de conduire un processus inclusif, impartial, transparent et responsable, qui garantisse à chaque citoyenne et à chaque citoyen le droit de participer à la vie démocratique du pays.
Ces engagements interviennent dans un contexte où la capacité de l’État à organiser des élections reste très largement contestée. Le premier tour de la présidentielle et des législatives, fixé initialement au 13 décembre 2026, a été repoussé au 18 juillet 2027, avec un second tour prévu le 4 octobre. Le nouveau calendrier a été publié le 28 octobre, après la promulgation d’un décret électoral révisé en octobre. Le pays n’a plus connu de scrutin national depuis près de dix ans, et plus de deux ans après son installation, le CEP n’a toujours organisé aucune élection.
Le CEP lui-même avait reconnu que l’application de son calendrier dépendait d’un environnement sécuritaire acceptable et d’un financement suffisant. Or les gangs continuent de semer la terreur dans plusieurs régions du pays, et l’insécurité a déjà conduit à la suspension d’activités économiques d’envergure. Dans ces conditions, une question demeure : comment garantir un recensement des adhérents, un dépôt des candidatures et, surtout, un vote crédible dans des zones où l’autorité de l’État est absente ?

La question se pose aussi pour l’exécutif. Les partis qui saluent le calendrier appellent eux-mêmes le gouvernement à fournir des garanties sécuritaires. Pour l’instant, aucun plan public et détaillé ne précise comment l’équipe dirigée par Alix Didier Fils-Aimé compte sécuriser les centres d’inscription, les centres de vote et les déplacements des électeurs, ni comment elle financera l’ensemble des opérations.
Pour les partis et les candidats indépendants, la fin de l’enregistrement est une échéance technique. Pour la population, la vraie échéance reste celle de la confiance : tant que le gouvernement et le CEP n’apporteront pas de réponses concrètes sur la sécurité, le financement et la transparence, chaque date annoncée sera accueillie avec scepticisme.
Jimmy BRUNI
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
