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Silence contre les massacres continus des gangs armés en Haïti, le Conseil présidentiel se dit présent pour témoigner sa solidarité avec l’Inde après des attaques terroristes

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Alors que la population haïtienne est quotidiennement victime de violences perpétrées par des gangs lourdement armés, le Conseil présidentiel d’Haïti a choisi de réagir publiquement à une attaque terroriste survenue en Inde, à Pahalgam, dans la région du Jammu-et-Cachemire. Dans une déclaration officielle, les membres du Conseil ont affirmé se joindre au Premier ministre et à son gouvernement pour « condamner avec la plus grande fermeté les attaques atroces perpétrées contre des civils sans défense », tout en présentant leurs condoléances « au peuple de la République de l’Inde ainsi qu’à son dirigeant, Son Excellence Monsieur Narendra Modi ».

Cependant, cette réaction soulève des interrogations légitimes dans un pays où le terrorisme domestique imposé par des groupes criminels reste impuni et parfois même toléré. En effet, en affirmant parler « au nom du peuple haïtien, lui-même durement éprouvé par des violences irrationnelles et sanglantes liées aux gangs », le Conseil présidentiel donne l’illusion d’une prise de conscience, alors qu’il demeure inactif, voire complice par son silence et son inaction. Le peuple haïtien, livré à lui-même, attend des réponses fermes, des actes courageux et une volonté politique réelle de briser le cycle de la terreur qui s’abat sur les quartiers populaires.

Ce contraste flagrant entre la promptitude à dénoncer un acte terroriste à l’étranger et le mutisme face au terrorisme local met en lumière l’inauthenticité d’un Conseil présidentiel déconnecté des urgences nationales. Tandis que les gangs incendient, pillent et tuent sans relâche, que l’État se désagrège et que l’insécurité devient la norme, les dirigeants semblent plus soucieux de leur image diplomatique que de la survie de leurs propres citoyens.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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