Carburant suspect en Haïti : alors que les moteurs tombent en panne, James Monazard reste attendu au tournant
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Ce mardi 15 septembre 2026, une nouvelle alerte vient secouer le marché pétrolier haïtien. Depuis quelques jours, les conducteurs de motos-taxis et de véhicules privés signalent des pannes à répétition après avoir fait le plein. Des organisations du secteur des transports évoquent la présence possible de carburant de mauvaise qualité dans plusieurs stations-service et réclament des contrôles urgents.
Le problème est loin d’être anodin, pour un conducteur, une panne est synonyme de journée sans revenus, de réparations parfois coûteuses et d’une famille qui risque de voir ses ressources encore plus réduites. Pour les propriétaires de voitures et de motos, la facture peut vite devenir lourde. Toutefois, au milieu de ces inquiétudes, une question revient avec insistance : où sont les contrôles de l’État ?
Le ministère du Commerce et de l’Industrie, dirigé par James Monazard, est directement interpellé. Car il ne s’agit pas simplement de connaître le prix du gallon à la pompe ; il s’agit aussi de savoir ce que les consommateurs mettent réellement dans leurs réservoirs.
Depuis le 10 août 2026, l’essence est officiellement vendue à 700 gourdes le gallon, le diesel à 770 gourdes et le kérosène à 765 gourdes. Ces prix ont été fixés conjointement par le ministère de l’Économie et des Finances et le ministère du Commerce et de l’Industrie, sur recommandation du Conseil consultatif de suivi du marché pétrolier.
En d’autres termes, le citoyen paie plus cher son carburant,et si les plaintes concernant la qualité s’avèrent fondées, il pourrait bien payer une seconde fois : d’abord à la pompe, puis chez le mécanicien.
C’est précisément là que le silence reproché aux autorités devient difficile à comprendre. Les responsables du secteur des transports ont signalé des cas de moteurs endommagés et demandé des analyses pour déterminer si le carburant distribué est conforme aux normes. Le Conseil consultatif chargé de la surveillance du marché pétrolier a été saisi du dossier, mais les mesures prises pour l’instant n’ont pas été clairement communiquées au public.
James Monazard ne peut se contenter de laisser cette affaire se régler par des rumeurs, des plaintes sur les réseaux sociaux ou des témoignages de chauffeurs. La réponse attendue est bien plus simple : contrôles, prélèvements, analyses et, si une anomalie est confirmée, identification des responsables.
Car lorsqu’un citoyen achète du carburant à la pompe, il ne devrait pas avoir à se demander s’il achète de l’essence pour faire rouler son véhicule ou un produit qui l’enverra tout droit chez le mécanicien.
Le véritable scandale, s’il est avéré, ne résiderait pas uniquement dans la mauvaise qualité d’un produit. Il tiendrait aussi à la défaillance éventuelle de la chaîne de contrôle censée protéger les consommateurs. L’État ne peut pas être présent au moment de fixer le prix à la pompe et devenir invisible au moment de vérifier ce qui en sort réellement.
Dans un pays où les transports représentent déjà une charge considérable pour les familles, chaque panne supplémentaire constitue une nouvelle sanction économique pour la population. Et cette fois, les consommateurs attendent des réponses précises de la part de l’État, notamment du ministère du Commerce et de l’Industrie.
La question est désormais posée : qui contrôle la qualité du carburant vendu aux Haïtiens, et qui déterminera si les moteurs endommagés sont bel et bien victimes d’un carburant non conforme ?
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
