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Haïti : des kidnappeurs escortent leurs otages jusqu’aux banques pour retirer leur rançon, symbole brutal de l’effondrement de l’État sous Alix Didier Fils-Aimé

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La situation sécuritaire ne se dégrade plus seulement : elle échappe totalement au contrôle de l’État sous l’administration d’Alix Didier Fils-Aimé. Le pays en est arrivé à un niveau d’impunité où des kidnappeurs peuvent désormais circuler avec leurs victimes jusque dans des banques afin de retirer directement l’argent exigé pour leur rançon.

Selon plusieurs témoignages de personnes kidnappées, certaines victimes auraient été forcées de payer plusieurs rançons avant d’être libérées. Plus grave encore, des ravisseurs les auraient accompagnées dans des institutions bancaires pour effectuer des retraits, comme s’ils agissaient en territoire conquis. Cette scène résume à elle seule l’effondrement de l’autorité publique et la confiance totale des groupes criminels face à un État devenu spectateur.

Photo générée par intelligence artificielle illustrant des ravisseurs armés accompagnant leurs victimes dans une banque pour retirer des rançons, une scène qui symbolise la gravité de l’insécurité et l’effondrement de l’autorité de l’État en Haïti.

Pendant ce temps, le Premier ministre de facto Alix Didier Fils-Aimé continue de parler d’élections cette année, alors qu’aucun décret électoral ni budget officiel n’ont encore été approuvés en Conseil des ministres. Le contraste est violent : d’un côté, des discours politiques sur des élections impossibles ; de l’autre, une population livrée aux gangs, aux kidnappings et aux rançons.

Cette réalité expose l’échec flagrant du pouvoir en place. Quand des ravisseurs peuvent escorter leurs otages jusqu’aux banques pour retirer leur propre rançon, il ne s’agit plus seulement d’insécurité : c’est la disparition pratique de l’État.

Dans ce contexte, plusieurs partis politiques, dont Pitit Dessalines, pourtant accusé par plusieurs secteurs d’avoir largement contribué à la désignation d’Alix Didier Fils-Aimé comme Premier ministre via son représentant au sein du Conseil présidentiel de transition, Emmanuel Vertilaire, réclament désormais son départ le 7 juin 2026. Pour tenter de laver son image, Moïse Jean-Charles a dénoncé ce choix quelques mois plus tard. Le RDNP réclame également son départ. Cette date correspond, selon eux, à la fin du délai de 120 jours lié à l’application controversée de l’article 149 de la Constitution amendée.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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