Présidentielle : Jean-Marie Junior Salomon promet de réunifier l’OPL et défend son autonomie électorale
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Candidat à la présidence de la République sous la bannière de l’Organisation du peuple en lutte (OPL), l’ancien sénateur Jean-Marie Junior Salomon entend faire de la prochaine bataille électorale une occasion de renforcer la présence de sa formation politique sur la scène nationale. Présentant l’OPL comme une « force tranquille », il affirme que le parti dispose des moyens nécessaires pour participer aux prochaines élections et espère remporter non seulement la présidence, mais également des sièges au Parlement et dans les collectivités territoriales. Il reconnaît toutefois l’existence de divergences internes et promet de travailler à la réunification des différentes composantes de l’organisation.
Intervenant dans une émission sur Scoop FM, le candidat a défendu la capacité de l’OPL à affronter seule les prochaines échéances électorales. Selon lui, le parti n’a pas nécessairement besoin de s’appuyer sur d’autres formations pour présenter des candidats et mener sa campagne. Il a néanmoins écarté l’idée d’un refus systématique des alliances politiques. « La politique a toujours été une affaire d’équipe, et l’OPL fait partie de ça. Donc, il y a toujours une possibilité pour qu’il y ait des alliances sur le terrain », a-t-il expliqué, réaffirmant son attachement à l’union et à la solidarité entre les forces politiques.
Interrogé sur les divisions qui ont marqué l’histoire récente de l’organisation, Jean-Marie Junior Salomon a rejeté l’idée d’un parti éclaté. Il estime que les divergences constituent une caractéristique de l’OPL depuis sa création et qu’elles ne l’ont jamais empêchée de fonctionner. Pour illustrer sa position, il a comparé le parti à une voiture dont les contradictions seraient les roues. « Ce n’est pas la pensée unique qui prédomine au sein de ce parti », a-t-il soutenu, présentant la diversité des opinions comme une richesse plutôt que comme un signe de désorganisation.

Le candidat a également reconnu que certains militants et dirigeants avaient pris leurs distances avec l’organisation, notamment en raison de divergences et d’intérêts différents. Il assure cependant que ces départs ou désaccords n’ont pas détruit la structure politique. À ses yeux, l’OPL demeure une grande famille composée de plusieurs générations de militants et de responsables. Il a notamment évoqué des figures historiques comme Sauveur Pierre-Étienne, Édouard Leblanc Fils et Suzy Castor, ainsi que les membres de la génération intermédiaire et les jeunes militants du parti.
Jean-Marie Junior Salomon a fait de la réconciliation interne l’un des engagements majeurs de sa candidature. Il affirme que le dialogue doit permettre de rapprocher les différentes tendances et de reconstituer une organisation plus unifiée à l’approche des élections. Il s’est même engagé à œuvrer personnellement à ce rapprochement, estimant que l’OPL pourrait aborder la campagne avec davantage de cohésion et de force. « Je vous garantis que le sénateur Jean-Marie Junior Salomon va faire en sorte que l’OPL soit unifiée, beaucoup plus forte et beaucoup plus solide », a-t-il assuré.
Pour défendre la solidité de son parti, l’ancien parlementaire est également revenu sur son histoire et ses premiers succès électoraux. Il a rappelé que l’OPL trouve ses origines dans l’Organisation politique Lavalas, créée en 1991, avant son inscription le 23 novembre 1994. L’organisation a ensuite adopté officiellement le nom d’Organisation du peuple en lutte en juin 1999, à la suite de la rupture avec une partie de la mouvance Lavalas. Cette évolution témoigne des divergences politiques qui ont marqué le mouvement dès ses premières années.
L’OPL a néanmoins connu une période de forte influence au milieu des années 1990. Lors des élections législatives de 1995, l’Organisation politique Lavalas avait obtenu 17 des 27 sièges au Sénat et 66 des 83 sièges à la Chambre des députés, selon les chiffres évoqués dans les références historiques sur le parti. René Préval, soutenu par cette mouvance, avait également remporté l’élection présidentielle de décembre 1995. Pour Jean-Marie Junior Salomon, ces résultats témoignent de la capacité de l’organisation à mobiliser l’électorat et à exercer une influence importante dans les institutions nationales.
En présentant les contradictions internes comme une composante de l’identité de l’OPL, le candidat cherche ainsi à relativiser les critiques sur son état actuel. Mais sa promesse de réunifier les différentes composantes du parti soulève également une question sur les efforts qui restent à accomplir avant les prochaines élections. Si Jean-Marie Junior Salomon se dit convaincu de la bonne santé de l’organisation, il lui faudra transformer cette volonté de rassemblement en une dynamique politique concrète, capable de mobiliser les militants et de convaincre les électeurs.
Léandro S LÉONARD
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
