République dominicaine : après l’assassinat de José Castillo Bello, des familles haïtiennes chassées et leurs biens incendiés
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L’assassinat de José Castillo Bello, un agriculteur de 65 ans, a provoqué de graves tensions à Mosquita, dans la municipalité de San Víctor, province d’Espaillat, en République dominicaine.
Son épouse a découvert son corps le mardi 4 août 2026, alors qu’elle se rendait dans sa propriété pour lui apporter son déjeuner. La victime était dissimulée sous des feuilles de palmier et présentait plusieurs blessures à l’arme blanche.
Selon des membres de sa famille, un ressortissant haïtien qui travaillait avec l’agriculteur serait le principal suspect. Ils avancent que cet homme aurait appris que José Castillo Bello venait de recevoir de l’argent après la vente d’une récolte d’avocats. Le vol de cette somme pourrait avoir constitué le mobile du crime.
Cette version reste toutefois une accusation familiale. Les autorités dominicaines n’ont confirmé ni la responsabilité du suspect désigné ni son implication dans le meurtre. Aucun élément officiel ne permet non plus d’attribuer ce crime à l’ensemble des ressortissants haïtiens vivant dans la zone.

Malgré l’absence de conclusions judiciaires, des habitants ont expulsé plusieurs familles haïtiennes de leurs logements. Ils ont sorti des matelas, des meubles, des chaises, des tables et d’autres effets personnels avant de les incendier sur la voie publique. Certains résidents ont également déclaré qu’ils ne permettraient plus aux Haïtiens de rester dans la communauté.
Ces représailles ont frappé des hommes, des femmes et des enfants qui n’ont aucun lien établi avec l’assassinat. La recherche d’un suspect ne peut justifier la persécution de toute une communauté sur la base de sa nationalité.

La mort de José Castillo Bello exige une enquête sérieuse et transparente. Les autorités doivent déterminer les circonstances du meurtre, identifier son auteur et le traduire en justice. Elles doivent aussi protéger les familles menacées et enquêter sur les expulsions forcées ainsi que sur la destruction de leurs biens.
À ce stade, le nombre exact de familles chassées et la valeur des biens incendiés ne sont pas connus. Les autorités n’ont pas non plus annoncé publiquement d’arrestation liée au meurtre.
La justice pour José Castillo Bello ne doit pas créer de nouvelles victimes. Une famille pleure un homme assassiné. D’autres familles perdent leurs logements et leurs biens pour un crime dont elles ne sont pas accusées individuellement.
La priorité reste claire : retrouver le responsable, établir les faits et rendre justice à la victime, sans transformer de simples soupçons en condamnation collective.
Par Sanon Marc-Antoine
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
