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Ricardo Jean Baptiste dans la tourmente : colère au Centre Ambulancier National, des employés dénoncent jusqu’à dix mois de salaires impayés

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Des pneus enflammés, des employés en colère et une institution paralysée par une crise sociale qui ne cesse de s’aggraver. Depuis les premières heures de la matinée de ce vendredi 10 juillet 2026, une vive tension règne devant les locaux du Centre Ambulancier National (CAN), où des travailleurs ont élevé la voix pour dénoncer des mois de salaires impayés et l’absence de réponses de la direction.

Selon plusieurs employés rencontrés sur place, certains travaillent depuis plus de dix mois sans avoir perçu le moindre salaire. Une situation qu’ils qualifient d’« insoutenable », affirmant qu’ils continuent d’assurer leurs fonctions malgré leurs difficultés économiques, sans savoir quand ils seront enfin rémunérés.

« Nous travaillons, mais nous ne sommes jamais payés. Beaucoup d’entre nous ont des familles à nourrir. Nous ne pouvons plus continuer ainsi », confie l’un des manifestants, visiblement excédé.

Les protestataires dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une absence de volonté de la direction de résoudre le problème. L’arrivée de Ricardo Jean Baptiste, nommé directeur général du CAN le 25 mars 2026, avait pourtant suscité de nombreux espoirs parmi les employés. Plus de trois mois après sa prise de fonction, plusieurs affirment n’avoir constaté aucune amélioration de leurs conditions de travail ni de leur situation salariale.

Portrait de Ricardo Jean-Baptiste, directeur général du CAN

« Nous pensions qu’un nouveau directeur apporterait des solutions. Jusqu’à présent, rien n’a changé », regrettent plusieurs membres du personnel.

Au-delà des revendications salariales, cette crise soulève une inquiétude majeure pour la population. Le Centre Ambulancier National constitue le principal service public de prise en charge des urgences médicales en Haïti. Si les employés décident de durcir leur mouvement ou d’observer une grève générale, les conséquences pourraient être immédiates pour des milliers de citoyens.

En cas d’accident de la circulation, de crise cardiaque, d’urgence obstétricale ou de toute autre situation nécessitant une intervention rapide, la disponibilité des ambulances pourrait être sérieusement compromise. Dans un pays où le système de santé est déjà fragilisé par l’insécurité, le manque de ressources et les difficultés budgétaires, un ralentissement des activités du CAN risquerait d’aggraver davantage l’accès aux soins d’urgence.

En cette journée de mobilisation, les employés disent attendre des actes concrets plutôt que de nouvelles promesses. Ils réclament avant tout le paiement de leurs arriérés de salaire, une régularisation de leur situation contractuelle et un dialogue sérieux avec les autorités compétentes.

Jusqu’à la mi-journée, aucune déclaration officielle de la direction générale du Centre Ambulancier National ni du ministère de la Santé publique n’avait été rendue publique concernant les revendications des manifestants.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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