Saint-Marc: faillite du gouvernement Fils-Aimé, le Conseil communal décrète le couvre-feu face à la faillite du gouvernement Fils-Aimé
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Abandonnée par le pouvoir central, la Cité de Nissage Saget s’enfonce dans le chaos. Devant l’incapacité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à garantir la sécurité dans l’Artibonite, les autorités locales de Saint-Marc ont instauré, ce lundi 4 mai 2026, un couvre-feu de 72 heures pour tenter de freiner l’hémorragie.
La commune de Saint-Marc bascule en mode survie. Le Conseil de sécurité communal) regroupant responsables judiciaires, administratifs et policiers) a pris une décision radicale : l’instauration d’un couvre-feu immédiat sur l’ensemble du territoire pour une durée de trois jours. Désormais, tout mouvement de véhicules ou de motocyclettes est formellement interdit de 20h30 à 6h00.

Cette mesure de dernier recours met en lumière l’échec cuisant du gouvernement de transition. Malgré les promesses de rétablissement de l’ordre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé semble avoir rayé l’Artibonite de sa carte des priorités. À Saint-Marc, la colère gronde contre un État central perçu comme complice par son inertie. Les citoyens pointent du doigt l’absence de renforts pour la PNH locale et le manque de stratégie offensive contre les foyers de gangs qui encerclent la ville, laissant le conseil communal seul en première ligne face à une situation qui dépasse largement ses compétences administratives.
Ce couvre-feu ne surgit pas du néant. La tension a atteint son point de rupture après une nouvelle série d’incursions meurtrières du gang « Gran Grif » de Savien, qui opère en toute impunité à quelques kilomètres de là. L’élément déclencheur de ce week-end de révolte fut l’attaque directe contre la résidence privée de la mairesse Myriam Philibert, prise pour cible par des manifestants exaspérés. Pour la population, le blocage de la Route Nationale #1 et l’érection de barricades ne sont plus des actes de vandalisme, mais des cris de détresse face à une menace existentielle que le Palais national choisit d’ignorer.
Outre les restrictions de circulation, le Conseil communal serre la vis sur les libertés publiques : toute manifestation doit désormais être signalée à l’avance et le port de la cagoule est strictement banni pour démasquer les infiltrés.
Saint-Marc se retrouve aujourd’hui à un tournant. Entre discipline collective et vigilance citoyenne, les 72 prochaines heures seront déterminantes. Mais au-delà de ce répit précaire, une question demeure : combien de temps la ville pourra-t-elle tenir si le Premier ministre Fils-Aimé continue de privilégier les salons de Port-au-Prince à la sécurité des villes de province ?
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
