Turquie : deux escales interdites à un navire de croisière LGBTQ+, les autorités invoquent les « valeurs familiales »
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Les autorités turques ont refusé l’escale du Scarlet Lady, navire de la compagnie Virgin Voyages affrété pour une croisière LGBTQ+ en mer Égée, entraînant l’annulation de deux escales prévues à Kuşadası et à Istanbul. Selon plusieurs médias internationaux, cette décision a été motivée par des « standards moraux » et des « valeurs familiales » invoqués par les autorités turques.
La croisière, partie d’Athènes le 5 juillet 2026 à destination de Venise, devait initialement faire escale dans la station balnéaire de Kuşadası, sur la côte égéenne de la Turquie, avant de rejoindre Istanbul. À la dernière minute, ces deux étapes ont été supprimées de l’itinéraire, obligeant l’organisateur à revoir complètement le parcours.
Face à cette décision, Atlantis Events, organisateur américain spécialisé depuis plus de trente ans dans les croisières et voyages destinés à la communauté LGBTQ+, a remplacé les escales turques par Alexandrie, en Égypte, et Héraklion, en Crète.
Le président d’Atlantis Events, Rich Campbell, a déclaré à CNN qu’il s’agissait d’une première pour son entreprise. « En trente-six ans d’activité, c’est la première fois que nous nous voyons refuser une escale en raison de l’identité même de nos passagers », a-t-il affirmé.
L’affaire dépasse le seul cadre d’Atlantis Events, car elle concerne également Virgin Voyages, la compagnie fondée par le milliardaire britannique Richard Branson. Connue pour son positionnement innovant et ses croisières réservées aux adultes, Virgin Voyages s’est imposée comme une marque misant sur une expérience haut de gamme et inclusive.
Le Scarlet Lady, premier navire de la flotte de Virgin Voyages, compte 1 330 cabines, 78 suites, plusieurs restaurants, bars, un spa ainsi qu’un salon de tatouage. Son exclusion de deux ports turcs en raison de la nature de la clientèle transportée confère à cette affaire une portée internationale bien au-delà d’un simple changement d’itinéraire.
Cette décision intervient dans un contexte où la Turquie, bien que constitutionnellement laïque, a renforcé ces dernières années les restrictions visant les manifestations et la visibilité de la communauté LGBTQ+, notamment à Istanbul. Plusieurs marches des fiertés y ont été interdites ou dispersées par les forces de l’ordre.
L’incident relance ainsi le débat sur les limites de l’inclusion dans le tourisme international et sur les difficultés que peuvent encore rencontrer certains voyageurs en fonction de leur identité ou de l’objet de leur déplacement.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
