Voyages de luxe et contrats contestés : Lovely François accusée de transformer l’ONA en caisse personnelle
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ONA : Lovely François accusée d’utiliser l’argent des cotisants pour financer un train de vie luxueux
Moins de trois mois après sa nomination à la tête de l’Office National d’Assurance-Vieillesse (ONA), Lovely François est au centre de graves accusations de mauvaise gestion, de favoritisme et d’utilisation abusive des ressources de l’institution.
Selon plusieurs sources concordantes, la directrice générale aurait engagé des dépenses importantes pour financer un train de vie luxueux aux frais d’une institution dont la mission est de garantir la protection sociale et les prestations des travailleurs haïtiens. Voyages haut de gamme, bijoux, fêtes privées et autres dépenses personnelles figureraient parmi les décaissements dénoncés par plusieurs employés et observateurs du secteur public.
Plusieurs sources affirment également que Mme François aurait accordé des contrats à des entreprises qui seraient liées à son compagnon par l’intermédiaire de prête-noms. Ce dernier est présenté comme un proche du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Ces allégations soulèvent des interrogations sur de possibles conflits d’intérêts et sur le respect des procédures de passation des marchés au sein de l’institution.
Selon les informations recueillies, les dépenses effectuées par Mme François à l’aide des cartes mises à sa disposition auraient déjà dépassé celles réalisées par l’ancien directeur général Ronald Bazile durant l’ensemble de son mandat. Plusieurs sources internes décrivent une augmentation significative des décaissements depuis son arrivée à la direction de l’ONA.
Ces accusations interviennent dans un contexte où de nombreux employés continuent de réclamer de meilleures conditions de travail, le paiement de certains avantages sociaux ainsi qu’une amélioration des services offerts aux assurés. Pour plusieurs observateurs, cette situation alimente un profond malaise au sein de l’institution.
Face à ces allégations, des employés et plusieurs organisations de la société civile auraient déjà sollicité l’intervention de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) afin qu’une enquête soit ouverte sur la gestion de Mme François. Certains réclament également son départ de la direction générale de l’ONA afin de permettre la réalisation d’investigations indépendantes.
Malgré la multiplication des critiques et des appels à la transparence, Mme François continuerait de bénéficier d’un important soutien politique. Plusieurs sources affirment qu’elle serait protégée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ce qui alimente les interrogations sur la volonté réelle des autorités de combattre la corruption, les conflits d’intérêts et l’impunité dans la gestion des institutions publiques.
À ce jour, aucune enquête officielle n’a été annoncée concernant ces allégations. Toutefois, les demandes d’explications se multiplient alors que l’ONA gère les cotisations de milliers de travailleurs haïtiens qui attendent de l’institution une administration rigoureuse, transparente et conforme à sa mission de service public.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
