Alix Didier Fils-Aimé contribue à l’insécurité du pays et part ce mercredi à la recherche de solutions en Europe
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Alors que les gangs resserrent leur emprise sur la région métropolitaine et que l’insécurité alimentaire atteint des niveaux alarmants, le chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé, semble avoir choisi les salons diplomatiques étrangers comme refuge politique. Ce mercredi 6 mai 2026, il a quitté Haïti pour l’Europe, avec une étape annoncée à Rome et au Vatican, dans ce qui apparaît pour beaucoup comme une provocation de trop pour une population qui n’attend plus des discours ni des prières, mais des résultats concrets.
Pendant que les Haïtiens comptent leurs morts, leurs déplacés et leurs jours de faim, le Premier ministre, lui, accumule les déplacements internationaux. Le Bureau de la Primature a annoncé avec solennité une mission officielle à Rome et au Saint-Siège du 8 au 11 mai 2026, officiellement destinée au « renforcement des relations diplomatiques » et à une prétendue « mobilisation spirituelle ». Un langage diplomatique qui résonne comme un luxe déconnecté pour une population vivant quotidiennement sous les balles, les enlèvements et la peur.

Ce voyage en Europe s’ajoute à une longue série de déplacements qui soulèvent de plus en plus de questions sur les véritables priorités du pouvoir. En avril 2026, Alix Didier Fils-Aimé passait déjà plusieurs jours entre Washington et New York pour un « dialogue stratégique » dont aucun résultat tangible n’a été constaté dans les quartiers abandonnés aux gangs. En février, il participait au sommet de la CARICOM à Saint-Kitts-et-Nevis. En mars, il se rendait au Chili pour l’investiture du président José Antonio Kast. À chaque déplacement, le même discours : « recherche de solutions », « coopération internationale », « soutien diplomatique ». Pourtant, sur le terrain, l’insécurité continue de gagner du terrain et l’État recule chaque jour davantage.
Ces voyages répétés donnent l’impression d’un pouvoir plus préoccupé par son image internationale que par l’effondrement réel du pays. Pendant que les familles fuient leurs quartiers, que les routes restent bloquées et que des milliers de citoyens survivent dans des conditions inhumaines, le chef du gouvernement multiplie les missions à l’étranger sans résultats visibles.
Que va réellement chercher Alix Didier Fils-Aimé au Vatican ? Une bénédiction pour un pays abandonné ? Les Haïtiens réclament des actions concrètes : le rétablissement de la sécurité, la reprise du contrôle des axes routiers, la fin de l’impunité, la baisse du coût de la vie et l’organisation d’élections crédibles. Pas des photos diplomatiques ni des communiqués officiels sans impact.

Gouverner, c’est assumer ses responsabilités. En privilégiant les voyages internationaux pendant que le pays s’effondre, Alix Didier Fils-Aimé renforce l’image d’un dirigeant absent face à l’urgence nationale. La diplomatie peut être utile, mais elle ne remplacera jamais une gouvernance efficace ni une présence réelle sur le terrain.
Sans véritable parcours politique reconnu, ancien soldat de l’armée américaine, Alix Didier Fils-Aimé a été installé à la tête du gouvernement dans un contexte de crise profonde. Aujourd’hui, plusieurs voix l’accusent de participer à l’effondrement des institutions haïtiennes à travers des accords controversés avec des compagnies étrangères appelées à intervenir dans des secteurs stratégiques comme les ports, les prisons, les frontières, la sécurité et les finances publiques. Pour ses critiques, ces choix constituent une remise en cause directe de la souveraineté nationale.
Selon ses détracteurs, le pouvoir actuel ne cherche ni à rétablir véritablement la sécurité ni à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections transparentes. Pourtant, ironie politique, Alix Didier Fils-Aimé a quitté Haïti ce mercredi 6 mai 2026 pour l’Europe afin de participer notamment à une messe pour la paix en Haïti, pendant que le pays reste paralysé par les violences armées et la crise humanitaire.
Le maintien d’Alix Didier Fils-Aimé à la Primature devient de plus en plus contesté dans certains secteurs de l’opinion publique, qui estiment qu’un changement de direction politique est désormais indispensable pour permettre une transition crédible et l’organisation d’élections dans les zones encore accessibles. Sans rupture réelle, Haïti risque de continuer à s’enfoncer dans une crise politique, sécuritaire et institutionnelle sans précédent.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
