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Hantavirus : comment ce virus mortel est apparu dans le monde ? Est-il plus dangereux que le coronavirus ?

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Alors que plusieurs décès liés à un foyer d’hantavirus sur le bateau de croisière MV Hondius provoquent une inquiétude internationale, de nombreuses questions émergent autour de ce virus rare dont le grand public entend à nouveau parler. Plus dangereux que le coronavirus ? Plus contagieux ? D’où vient-il réellement ? Satellite509 apporte des éléments de compréhension.

Le bateau de croisière MV Hondius avait quitté Ushuaia, en Argentine, le 1er avril 2026, avec environ 149 passagers et membres d’équipage provenant de 23 pays pour une expédition dans l’Atlantique Sud. Quelques jours après le départ, plusieurs passagers ont commencé à présenter des symptômes ressemblant à une forte grippe.

Le premier malade identifié, un passager néerlandais de 70 ans, est décédé le 11 avril 2026 à bord du navire. Sa femme, également contaminée, a ensuite été évacuée vers Johannesburg avant de mourir le 26 avril 2026. Un troisième décès a été confirmé au début du mois de mai, tandis que plusieurs autres passagers ont été placés sous surveillance médicale dans différents pays européens.

Le navire a poursuivi sa traversée avant que les autorités sanitaires ne soupçonnent officiellement un foyer d’hantavirus lié à la souche « Andes », une variante rare capable de transmission humaine dans certaines circonstances exceptionnelles.

Le 3 mai 2026, le MV Hondius est arrivé au large de Praia, au Cap-Vert, où des équipes médicales ont commencé à évacuer plusieurs passagers malades. Plusieurs voyageurs avaient déjà quitté le bateau lors d’escales précédentes, poussant plusieurs pays européens à lancer des opérations de traçage sanitaire afin d’identifier les personnes ayant été en contact avec les malades.

Le dernier cas confirmé concerne un passager hospitalisé à Zurich, en Suisse, après avoir quitté le navire avant même la confirmation officielle du foyer épidémique. Au total, au moins huit cas liés au bateau, dont trois morts, étaient sous surveillance des autorités sanitaires internationales au début du mois de mai 2026.

L’hantavirus n’est pas un virus nouveau. Son existence a été identifiée pour la première fois au début des années 1950 pendant la guerre de Corée. À l’époque, des centaines de soldats américains stationnés près de la rivière Hantan, située entre les deux Corées, avaient développé une grave maladie provoquant fièvre, hémorragies et insuffisance rénale. Le virus tirera plus tard son nom de cette rivière : « Hantaan » ou « Hantavirus ».

Mais les scientifiques ont découvert que ce virus circulait déjà depuis longtemps chez certains rongeurs sauvages. Rats, souris et campagnols sont aujourd’hui considérés comme les principaux porteurs naturels du virus. Contrairement aux humains, ces animaux peuvent être infectés sans tomber malades.

La contamination humaine survient généralement lorsqu’une personne inhale des particules contaminées provenant d’urine, d’excréments ou de salive de rongeurs infectés. Les risques augmentent surtout dans les zones rurales, les entrepôts abandonnés, les espaces fermés contaminés ou les régions agricoles.

La souche actuellement au centre des inquiétudes internationales est appelée « Andes ». Découverte dans les années 1990 en Argentine et au Chili, elle est considérée comme la variante la plus préoccupante, car elle est la seule connue capable de se transmettre d’humain à humain dans certaines circonstances très limitées, notamment lors de contacts très rapprochés et prolongés.

Alors, l’hantavirus est-il plus dangereux que le coronavirus ?

La réponse des spécialistes est nuancée : l’hantavirus est généralement beaucoup moins contagieux que le Covid-19, mais il peut être beaucoup plus mortel dans certaines formes graves.

Le coronavirus pouvait se transmettre extrêmement rapidement dans la population par l’air, parfois après quelques minutes de proximité. L’hantavirus, lui, ne se propage pas facilement dans la vie quotidienne. La majorité des contaminations viennent directement des rongeurs.

Cependant, plusieurs études médicales montrent que certaines formes d’hantavirus affichent des taux de mortalité pouvant dépasser 30 %, contre des taux beaucoup plus faibles pour la majorité des cas de Covid-19 observés dans le monde. En d’autres termes, le coronavirus infectait beaucoup plus de personnes, mais l’hantavirus peut être plus mortel lorsqu’une infection grave se développe.

Les symptômes peuvent commencer comme une simple grippe : forte fièvre, douleurs musculaires, fatigue, vomissements ou maux de tête. Mais dans les cas sévères, le virus peut provoquer une détresse respiratoire aiguë avec accumulation de liquide dans les poumons, entraînant parfois une mort rapide.

À ce jour, aucun vaccin largement accessible ni traitement antiviral spécifique n’existe contre l’hantavirus. Les médecins misent surtout sur des soins intensifs et une prise en charge rapide pour tenter de sauver les patients les plus gravement atteints.

Malgré les inquiétudes provoquées par le foyer détecté sur le MV Hondius, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et plusieurs agences sanitaires internationales affirment actuellement que le risque d’une pandémie mondiale reste faible, notamment parce que ce virus demeure difficile à transmettre entre humains dans des conditions normales.

Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).

Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique

Basé entre Haïti et la République dominicaine.

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