Le parti politique IDA constate « l’échec total » des 120 jours d’Alix Didier Fils-Aimé, critique son inaction face à l’insécurité et sa volonté de contrôler le CEP
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Le parti politique Inisyativ pou Devlope Ayiti (IDA) a publié, ce jeudi 28 mai 2026, une note de conjoncture extrêmement critique contre le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, dénonçant ce qu’il considère comme une dérive sécuritaire, économique et politique mettant en péril l’avenir du pays et la crédibilité des prochaines élections.
Dans ce document signé notamment par l’ex-sénateur Pierre Francky Exius et le secrétaire général Me Jean Michelet Simplice, l’IDA affirme que le pays s’enfonce dans une crise multidimensionnelle malgré les promesses répétées des autorités et l’appui international.
Une attaque frontale contre le bilan sécuritaire
Dans sa note, l’IDA dresse un constat sévère de la situation sécuritaire actuelle. Le parti affirme que les routes nationales RN1, RN2 et RN3 restent sous l’emprise des groupes armés et des systèmes de péages illégaux, paralysant l’économie nationale et favorisant les dérives mafieuses dans les transports maritimes et aériens.
Le document évoque également la fuite progressive des institutions publiques hors du centre de Port-au-Prince, notamment du Champ-de-Mars et du Bicentenaire, présentée comme le symbole d’un État en déroute incapable de reprendre le contrôle du territoire.
PDF de la note de conjoncture publiée par le parti politique IDA le 28 mai 2026, dans laquelle la structure accuse le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé de vouloir renforcer son contrôle sur le CEP tout en dénonçant l’aggravation de l’insécurité, la crise économique et les dérives du processus électoral en Haïti.
L’IDA souligne aussi l’aggravation du bilan humain avec les massacres, les déplacements forcés de population et l’expansion continue des gangs armés dans plusieurs régions du pays, notamment à Croix-des-Bouquets, Cité Soleil, dans l’Artibonite et le Centre.
Le parti désigne directement le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé comme principal responsable de cette gestion sécuritaire jugée catastrophique, rappelant qu’il dirige l’exécutif depuis février 2026 et qu’il était déjà impliqué dans les structures de pouvoir depuis novembre 2024.
Une crise économique décrite comme « sans précédent »
Sur le plan économique, l’IDA affirme que l’insécurité a provoqué l’effondrement des circuits économiques du pays. Le texte parle d’une contraction historique de la production, d’une inflation galopante et d’une explosion du chômage.
Le parti évoque également la fuite des capitaux et de la diaspora, accusant l’instabilité actuelle de détruire progressivement les secteurs productifs et touristiques du pays.
Selon le document, le PIB continue de chuter depuis plusieurs années et la population haïtienne s’enfonce dans une misère dépassant même les conséquences économiques du séisme de janvier 2010.
Le projet de décret électoral vivement dénoncé
Mais la partie la plus sensible du document concerne le projet de décret électoral préparé par le gouvernement.
L’IDA accuse ouvertement le pouvoir de chercher à prendre le contrôle du Conseil électoral provisoire (CEP) à travers la nomination d’un Directeur général « inféodé à l’Exécutif », en remplacement d’un Directeur exécutif nommé par le CEP lui-même.
Le parti estime que cette disposition menace directement l’indépendance de l’institution électorale et ouvre la voie à une mainmise politique sur les prochaines élections.
Le document critique également les nouvelles exigences imposées aux partis politiques, notamment les quotas élevés d’adhérents exigés pour participer aux élections. Selon l’IDA, ces mesures risquent d’exclure plusieurs structures politiques et de permettre au pouvoir de contrôler le processus électoral.
« Le gouvernement utilise l’insécurité comme prétexte »
Dans sa conclusion, l’IDA affirme que les autorités utilisent désormais la dégradation sécuritaire comme justification pour repousser indéfiniment les élections tout en consolidant leur contrôle sur les institutions stratégiques.
Le parti rappelle qu’il n’est pas signataire du Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections et appelle à une large concertation nationale impliquant les forces vives du pays et la communauté internationale afin de sortir Haïti de l’impasse actuelle.
L’IDA affirme enfin que le pays a besoin d’élections crédibles capables de conduire à une véritable alternance démocratique, à l’image des élections de février 2006.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
