Travailleurs migrants : à Bogotá, le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé, à travers Marc-Élie Nelson, réclame plus de dignité et de protection
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Dans un contexte régional marqué par les crises migratoires, les inégalités sociales et la montée des tensions autour des travailleurs étrangers, le ministre haïtien des Affaires sociales et du Travail, Marc-Elie Nelson, a livré un discours remarqué en faveur de la dignité humaine, de la justice sociale et de la protection des travailleurs migrants en Amérique latine et dans la Caraïbe.
Représentant officiellement Haïti au Dialogue ministériel organisé dans le cadre de la Conférence des Ministres du Travail d’Amérique latine et des Caraïbes tenue à Bogotá les 21 et 22 mai 2026, le ministre haïtien a choisi de placer l’humain au centre des débats régionaux, dans une intervention à la fois diplomatique, sociale et engagée.
Face à plusieurs ministres, représentants gouvernementaux, organisations internationales et experts réunis dans la capitale colombienne, Marc-Elie Nelson a rappelé que la migration ne peut être réduite à des statistiques administratives ou à des chiffres économiques.

« La mobilité humaine ne saurait être réduite à une simple donnée statistique », a déclaré le ministre haïtien devant l’assemblée.
Par cette déclaration, le titulaire du ministère des Affaires sociales et du Travail a voulu rappeler que derrière chaque migrant se trouvent des sacrifices, des familles, des compétences et des vies humaines souvent confrontées à la précarité, à l’exclusion et à diverses formes de discrimination.
Dans son intervention, Marc-Elie Nelson a également mis en valeur la contribution importante des travailleurs haïtiens dans plusieurs économies de la région. Selon lui, des milliers d’Haïtiens participent activement au développement des sociétés qui les accueillent tout en soutenant leurs proches restés au pays malgré les difficultés économiques et sécuritaires que traverse Haïti.
Le ministre a toutefois souligné que de nombreux migrants demeurent confrontés à des réalités préoccupantes : absence de protection sociale, vulnérabilité économique, exploitation, exclusion administrative et difficultés liées à la reconnaissance officielle de leurs compétences professionnelles.
Face à cette situation, Marc-Elie Nelson a défendu plusieurs mesures concrètes discutées au cours de cette conférence régionale.
Parmi les principales initiatives soutenues par Haïti figure la mise en place d’un système régional de reconnaissance des compétences professionnelles. Cette mesure pourrait permettre à des milliers de travailleurs migrants — infirmières, enseignants, maçons, techniciens, artisans ou professionnels qualifiés — de faire reconnaître officiellement leurs qualifications afin d’accéder à des emplois plus stables, formels et protégés dans les pays de la région.
Le ministre haïtien a également appuyé la création d’un Fonds régional d’innovation pour l’inclusion professionnelle. Ce mécanisme viserait à renforcer l’entrepreneuriat, l’inclusion financière, la formation professionnelle et l’accès des migrants aux services publics liés à l’emploi.
Pour plusieurs observateurs présents à Bogotá, la participation active d’Haïti à cette conférence traduit une volonté de replacer les questions sociales et humaines au cœur des grands débats régionaux, malgré les nombreuses difficultés internes auxquelles le pays demeure confronté.
Dans un climat continental parfois marqué par la montée de la xénophobie et des politiques migratoires restrictives, Marc-Elie Nelson a lancé un appel à une coopération régionale plus solidaire.
《 Notre réponse doit être unie, solidaire et coordonnée », a affirmé le ministre haïtien devant ses homologues latino-américains et caribéens.》
Le ministre a également insisté sur la nécessité de combattre toutes les formes de discrimination et d’exclusion visant les travailleurs migrants, tout en plaidant pour une réponse régionale concertée face aux crises migratoires, sociales et climatiques qui affectent plusieurs pays du continent.
En adhérant au Mémorandum d’entente multilatéral ainsi qu’à la Déclaration de Bogotá, Haïti réaffirme officiellement son engagement en faveur d’un modèle régional fondé sur la justice sociale, la dignité humaine et le respect des droits des travailleurs migrants.
Plusieurs membres de la délégation haïtienne ont également salué le soutien apporté par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à cette démarche diplomatique et sociale visant à renforcer la coopération régionale autour des enjeux migratoires et du travail décent.
Dans un contexte où Haïti est souvent confrontée à des défis majeurs sur la scène internationale, la présence de Marc-Elie Nelson à Bogotá a été perçue par plusieurs participants comme une démarche importante pour maintenir le pays dans les grands espaces de dialogue régional concernant les politiques sociales, migratoires et économiques.
À Bogotá, Haïti n’est donc pas venue simplement assister aux débats diplomatiques. À travers l’intervention de Marc-Elie Nelson, le pays a cherché à défendre une vision plus humaine des migrations, centrée sur la dignité, la reconnaissance et les droits fondamentaux des travailleurs haïtiens et caribéens.
Pour plusieurs participants, cette conférence pourrait marquer une étape importante vers la construction d’un espace régional plus équitable, où chaque travailleur, quelle que soit son origine, pourrait bénéficier de davantage de protection, de reconnaissance et d’opportunités réelles.
À Bogotá, Marc-Elie Nelson n’a pas seulement représenté Haïti. Il a porté la voix de milliers de travailleurs haïtiens souvent invisibles dans les statistiques régionales, mais essentiels dans le fonctionnement économique et social de nombreux pays du continent.
Djovany Michel est journaliste d’investigation, PDG et rédacteur en chef de Satellite509, média indépendant et sans subvention, spécialisé dans la dénonciation de la corruption et de la mauvaise gouvernance. Il est l’actuel secrétaire général du Réseau Haïtien des Journalistes Anti-Corruption (RHAJAC).
Spécialités : gouvernance, corruption, géopolitique
Basé entre Haïti et la République dominicaine.
